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Plomb - Pb

DESCRIPTION GÉNÉRALE DE L'ÉLÉMENT :

Plomb : Numéro CAS : 7439-92-1
- Numéro atomique : 82 - Masse atomique : 207,2
- Température de fusion : 327,5 °C - Température d'ébullition : 1 725 °C (769 °C)

 

Plomb (Pb)EN QUELQUES LIGNES :

Le plomb (Pb) est un métal très mou, malléable et dense, de couleur blanc-bleuâtre, appartenant au groupe des métaux dits lourds. Bien qu'il soit naturellement présent dans le sol et dans l'eau, compte tenu du vieillissement naturel des minéraux du sol, on le retrouve souvent dans l'environnement, provenant de sources artificielles. On le retrouve fréquemment dans les minerais, associé au cuivre, au zinc et à l'argent.

 

Le recyclage de matériaux contenant du plomb constitue une source de production de plomb qui ne cesse de gagner en importance.

 

Le plomb est un métal largement utilisé : dans les batteries de voiture au plomb, sous forme de tôles plombées dans le secteur de la construction, dans le plastique PVC, dans les munitions, dans le cristal et la céramique, dans les ceintures de lest pour la plongée, dans les plombs pour la pêche, sous forme d'écran contre les radiations, etc. Auparavant, le plomb était utilisé comme pigment dans les peintures et comme antidétonant dans l'essence. Ces utilisations sont interdites dans l'Union européenne depuis les années 1990.

 

L'utilisation passée du plomb dans l'essence et les émissions historiques par les producteurs de métaux non-ferreux ont entraîné une augmentation des concentrations de plomb dans le sol, l'eau et l'air. Le plomb étant fortement lié aux caractéristiques du sol, son absorption radiculaire est très faible et la majeure partie du plomb présent dans les parties des plantes situées hors du sol provient de dépôts atmosphériques de plomb.

 

Si les adultes et les enfants plus âgés sont avant tout exposés au plomb en raison de sa présence dans les aliments et les boissons, l'ingestion de poussière de maison et le sol sont les principales sources d'exposition pour les enfants en bas âge, qui jouent beaucoup par terre ou dans le jardin.Plomb

 

Dans le corps (humain), le plomb se diffuse dans les tissus mous (sang, foie et reins) et les tissus minéralisés (os et dents). Chez les enfants, des teneurs élevées en plomb dans le sang ont des effets sur l'intelligence (baisse du QI). Chez les adultes, ces teneurs élevées peuvent notamment déboucher sur des effets subtils comme l'altération de la qualité du sperme, l'anémie, la perte de mémoire et le manque de coordination.

 

Classification selon le règlement (CE) n° 1272/2008 du 16 décembre 2008 :
Repr. 1A : H 360Df : peut nuire à la fertilité ou au fœtus
STOT RE 2* ; H373** : Risque présumé d'effets graves pour les organes à la suite d'expositions répétées ou d'une exposition prolongée
Toxicité aiguë 4* ; H332 : nocif en cas d'inhalation
Toxicité aiguë 4* ; H302 : nocif en cas d'ingestion
Danger pour le milieu aquatique 1 ; H400 : très toxique pour les organismes aquatiques
Toxicité aquatique chronique 1 ; H410 : très toxique pour les organismes aquatiques, entraîne des effets à long terme

Reference: Regulation (EC) No 1272/2008 of the European Parliament and of the Council of 16 december 2008 on classification, labeling and packaging of substances and mixtures, amending and repealing Directives 67/548/EEC and 1999/45/EC, and amending Regulation (EC) No 1907/2006. Official Journal of the European Union L353/1. http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:353:0001:1355:EN:PDF

 

NORMES ET LÉGISLATION :

Teneurs maximales en plomb dans les aliments
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:353:0001:1355:EN:PDF
COMMISSION REGULATION (EC) No 629/2008 of 2 July 2008 amending Regulation (EC) No 1881/2006 setting maximum levels for certain contaminants in foodstuffs.

Teneur maximale en plomb dans les produits destinés aux aliments pour animaux
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2008:353:0001:1355:EN:PDF
DIRECTIVE 2002/32/EC of the European Parliament and of the Council of 7 May 2002 on undesirable substances in animal feed.

Doses humaines tolérées

Plomb

Le comité mixte FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture)/OMS (Organisation mondiale de la Santé) d'experts sur les additifs alimentaires (JECFA) a réévalué pour la cinquième fois en 1999 l'apport en plomb et a maintenu la dose provisoire hebdomadaire tolérable (Provisional Tolerable Weekly Intake PTWI) à 25 µg/kg de poids corporel. La PTWI établie par l'OMS provenait principalement d'études réalisées sur des nourrissons et des enfants et tient compte de toutes les sources d'apport en plomb (et pas uniquement de celles issues des aliments). En juin, de nouvelles données concernant entre autres la toxicologie et l'épidémiologie de ce métal lourd étant à disposition, le JECFA a réévalué le plomb. Il ressort de cette évaluation que le PTWI de 25µg de poids corporel pouvait être associé à une baisse du QI de 3 points chez les enfants et une augmentation de la pression sanguine systolique (tension maximale) de 3mmHg chez les adultes. Ces changements ont été jugés significatifs, c'est pourquoi le PWTI a été annulé. Le Comité a d'ailleurs également conclu qu'il n'était pas possible d'établir un nouveau PWTI ne présentant aucun risque pour la santé. Le Comité confirme que les fœtus, les nourrissons et les enfants sont les plus sensibles au plomb, et qu'une dose chronique de plomb via l'alimentation de 0,6 µg par kilo de poids corporel par jour (pour un enfant de 20 kg) pourrait correspondre à une baisse de QI de 1 point par rapport au niveau de la population.


http://www.inchem.org/documents/jecfa/jecmono/v21je16.htm

L'EFSA a émis son opinion en mars 2010 et a conclu que le plomb a l'effet le plus nocif sur le développement du système nerveux central chez les jeunes enfants, et sur le système cardiaque et sanguin chez les adultes. Des « BenchMark Dose Lower Levels » BMDL ont été déterminés pour un certain nombre de points :

- Effets sur le système nerveux central chez les enfants : 0,50 µg par kilo de poids corporel/jour

- Effets sur la pression sanguine systolique : 1,50 µg par kilo de poids corporel/jour

- Maladies chroniques des reins : 0, 63 µg par kilo de poids corporel/jour

http://www.efsa.europa.eu/en/efsajournal/pub/1570.htm

RÔLE DU CODA-CERVA :

  • RECHERCHE

L'unité « Éléments traces » du CODA-CERVA est active depuis longtemps dans l'analyse des éléments traces. Les projets de recherche actuels relatifs au plomb sont principalement consacrés

(1) à la détermination des teneurs en plomb dans les cultures destinées à la consommation humaine (pommes de terre, carottes, scorsonères, ...), dans les plantes fourragères pour l'alimentation des animaux (maïs, foin, ensilage d'herbe) ainsi que dans les tissus bovins (viande, reins, foie) et

(2) au passage du plomb dans les différentes composantes de l'environnement (air, sol, eau) via la chaîne alimentaire.


L'échantillonnage sur le terrain des cultures destinées à la consommation humaine a débuté en 2001 et se poursuit depuis lors. Le projet en question porte essentiellement sur les champs non pollués et étudie le passage du plomb dans les cultures à partir de l'air et du sol.

 

En 2005, on a prélevé des échantillons des reins, du foie et des tissus de viande de 150 bovins en vue d'analyses destinées à détecter la présence de plomb.

Les échantillons ont été recueillis d'une part dans des zones contaminées par des métaux et d'autre part dans des zones rurales éloignées de sources ponctuelles d'éléments traces, ce que l'on appelle les zones de référence.

 

On a pris contact avec les fermes dans lesquelles les animaux avaient vécu pendant plus de 18 mois et demandé aux agriculteurs de poursuivre leur participation sur une base volontaire. Au total, 53 d'entre eux ont répondu favorablement et des personnes se sont rendues dans leurs fermes au cours du printemps, de l'été et de l'automne de la période 2006-2007.

Parcours de poules - Plomb

 

Des échantillons d'herbe fraîche de pâture, d'ensilage, de foin, de maïs et d'autres aliments produits localement ont été prélevés dans les fermes en question. On a également prélevé des échantillons des eaux de puits et des eaux de surface si celles-ci servaient à abreuver les animaux dans les étables ou les prés. Une teneur en plomb a été détectée dans tous les échantillons.

 

Ces informations permettront d'élaborer des modèles de transfert du plomb au sein de la chaîne alimentaire.

 

En 2006-2007, on a déterminé la teneur en plomb d'œufs de poules provenant d'élevages amateurs, de même que celle du parcours des poules et des déchets de cuisine donnés à ces dernières.

 

Au total, 59 particuliers propriétaires d'élevages de poules ont participé à cette étude intitulée CONTEGG (Chemical Contamination of home-produced eggs).

Des teneurs élevées en plomb ont été détectées dans les œufs. Toutefois, ces teneurs ne constituent pas un risque pour la santé. Le parcours des poules constitue la principale source de présence de plomb dans les œufs.

 

  • PRESTATIONS DE SERVICE
L'unité « Éléments traces » du CODA-CERVA se consacre essentiellement à la recherche scientifique et à la prestation de services dans le domaine de la sécurité alimentaire, de la santé publique et de la santé animale. Elle offre des services d'analyse aux tierces parties pour la détection d'éléments traces dans les aliments destinés à la consommation humaine et dans ceux destinés aux animaux. Cette activité est certifiée selon la norme de qualité européenne ISO 17025.

 

Le CODA-CERVA est le laboratoire national belge de référence (LNR) pour la détection des éléments traces dans les aliments destinés à la consommation et dans ceux destinés aux animaux.

 

ÉQUIPE SCIENTIFIQUE :

Nadia Waegeneers
Ann Ruttens

Karlien Cheyns

 

PROJETS DE RECHERCHE AU CODA-CERVA SUR CE SUJET ( récents ou en cours ) :

- TRANSCAD : Transfer of soilborne cadmium and other heavy metals in the food chain and in food of animal origin

- CONTEGG : Contamination of eggs from hens of private persons

- BIOMONITORING : Study of the contamination of crops caused by the deposition of metallic elements by means of cultures of grass and vegetables

PUBLICATIONS CODA-CERVA :

2012

- De Temmerman L., Ruttens A., Waegeneers N., 2012. Impact of atmospheric deposition of As, Cd and Pb on their concentration in carrot and celeriac. Environmental Pollution, 166, pp. 187-195

2009

- Waegeneers, N., Pizzolon, J.-C., Hoenig, M. and De Temmerman, L. 2009. Accumulation of trace elements in cattle from rural and industrial areas in Belgium. Food Additives and Contaminants 26: 326-332.

- De Temmerman L., Hoenig M. Transfert d'ETM toxiques des sols arables vers les pommes de terre, le froment et l'épeautre., 2009, 149-161
Chapitre 7 dans Contaminations métalliques des agrosystèmes et écosystèmes péri-industriels. Coordinateurs: Cambier Ph, Schvartz C., Van Oort F.

2008

- Vromman, V., Saegerman, C., Pussemier, L., Huyghebaert, A., De Temmerman, L., Pizzolon, J.-C. and Waegeneers, N. 2008. Cadmium in the food chain near non-ferrous metal production sites. Food Additives and Contaminants 25: 293-301.

2007

- Harcz, P., De Temmerman, L., De Voghel, S., Waegeneers, N., Wilmart, O., Vromman, V., Schmit, J.-F., Moons, E., Van Peteghem, C., De Saeger, S., Schneider, Y.-J., Larondelle, Y. and Pussemier, L. 2007. Contaminants in organically and conventionally produced winter wheat (Triticum aestivum) in Belgium. Food Additives and Contaminants 24: 713-720.

2005

- Pizzolon, J.-C. and Hoenig, M. 2005. Analyse des échantillons alimentaires par ICP-MS. Développement et routine : où sont les différences ? Canadian Journal of Analytical Sciences and Spectroscopy 50: 221-227.

2004

- De Temmerman, L. and Hoenig, M. 2004. Biomonitoring lead and cadmium deposition. Journal of Atmospheric Chemistry 49: 121-135.

2003

- De Temmerman, L., Vanongeval, L., Boon, W., Hoenig, M. and Geypens, M. 2003. Heavy metal content of arable soils in Northern Belgium. Water, Air and Soil Pollution 148: 61-76.