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Autres mycotoxines
EN QUELQUES LIGNES :
Si l'on garde à l'esprit que la majorité des toxines fongiques apparaissent dans les familles de métabolites liés chimiquement, et en fonction de la définition exacte, près de 300 à 400 substances naturelles provenant de champignons sont reconnues comme des mycotoxines. Outre les principales mycotoxines (voir les pages consacrées au DON, à l'OTA, à la ZEA, aux T-2&HT-2, aux Fumonisines, à la Patuline, aux Aflatoxines), il y a d'autres mycotoxines avec lesquelles les animaux et les êtres humains entrent en contact, que ce soit par les aliments pour animaux, par les denrées alimentaires, par la peau ou par inhalation.
La citrinine est produite par des espèces de Penicillium et d'Aspergillus et a été décelée en 1951 dans du riz jaune au Japon. Étant donné que certaines espèces de Penicillium produisent de l'ochratoxine A (OTA) ainsi que de la citrinine, on peut retrouver ces deux mycotoxines dans des céréales comme le blé et l'orge. La citrine peut également être produite par certaines espèces d'Aspergillus. Elle a des effets néfastes sur le bétail, principalement au niveau des reins et du foie. Étant donné qu'elle est instable dans le processus de transformation des céréales, cette mycotoxine est probablement moins toxique pour l'homme.
La citrinine a été impliquée dans une néphropathie mycotoxique des cochons au Danemark, en Suède, en Norvège et en Irlande et dans des néphropathies aviaires. Des doses létales aiguës administrées à des lapins, des cochons d'inde, des rats, des souris ou des cochons provoquent un gonflement des reins avec nécrose éventuelle. Chez les souris, la citrinine est létale pour l'embryon et toxique pour le fœtus, tandis que chez les rats, la citrinine induit des effets similaires et des doses élevées sont tératogènes.
Il existe uniquement des preuves limitées de l'effet cancérigène de la citrinine chez des animaux expérimentaux. Il a été suggéré que la citrinine puisse être impliquée dans la maladie rénale humaine fatale, la Néphropathie Endémique des Balkans, ainsi que d'autres mycotoxines comprenant l'ochratoxine A et d'autres toxines non identifiées.
Bien qu'en faibles quantités, les roquefortines sont produites par plusieurs moisissures utilisées pour l'affinage du fromage (roquefort, gorgonzola, stilton, etc.), mais on les retrouve aussi dans les céréales fourragères et l'ensilage de maïs.
La roquefortine C est une neurotoxine. Les symptômes cliniques auprès des ruminants sont la faiblesse musculaire et des mouvements non coordonnés. Ces symptômes sont typiques d'une exposition à de hautes concentrations et, de ce fait, apparaissent peu fréquemment chez les animaux à la ferme.
Le bétail fait peut-être partie des espèces animales les plus sensibles en ce qui concerne les effets anti-microbiens de l'acide pénicillique, de l'acide mycophénolique et de la toxine PR. L'exposition du bétail à ces mycotoxines a pour conséquence des dysbactérioses des ruminants et des ruminites, conséquences qu'on peut observer régulièrement après exposition à du fourrage moisi. On les trouve dans les fourrages d'herbes fanées ou de maïs complet.
L'acide mycophénolique est produit par plusieurs espèces de Penicillium. Il a une activité antibiotique contre les bactéries. La DL50 chez les rongeurs est entre 500 et 2 500 mg/kg de poids corporel par jour. Des singes nourris avec 150 mg/kg par jour pendant 2 semaines ont développé des douleurs abdominales, et de la diarrhée accompagnée de saignements et d'anémie. Une activité mutagène a été rapportée.
L'acide pénicillique est un antibiotique toxique produit par plusieurs espèces de Penicillium et d'Aspergillus. Il est hépatocancérigène chez certaines espèces animales, et il a également été rapporté qu'il affecte le cœur.
La toxine PR est un métabolite formé par P. roqueforti présentant une DL50 de 5,8 mg/kg (i.p.) chez les souris et de 11 mg/kg chez les rats. Les symptômes associés comprennent une congestion et des œdèmes pulmonaires, rénaux et cérébraux et des dégénérescence et hémorragie hépatique et rénale. Il a été rapporté qu'on la trouve dans le fromage, les graines et le fourrage moisis.
La monacoline K (Lovastine ou Mévilonine) est un métabolite secondaire typique produit par les espèces Aspergillus terrus et Monascus. Cette toxine est associée à la citrinine.
Le pénitrème A est une mycotoxine à effets trémorgéniques, ce qui signifie qu'il provoque des tremblements comme réponse neurologique chez les animaux de ferme. Il est produit par une altération généralisée du champignon Penicillium. L'intoxication chez le chien est également connue. Les lolitrèmes sont d'autres mycotoxines à effets trémorgéniques.
La stérigmatocystine est liée de manière structurelle aux aflatoxines. Elle est principalement produite par les espèces d'Aspergillus (les Aspergillus nidulans et les Aspergillus versicolor) et on la retrouve en faibles quantités dans les céréales, les fèves de café et le fromage. Les effets toxiques de la stérigmatocystine sont très similaires à ceux de l'aflatoxine B1 (carcinogène, lésions hépatiques), mais elle est moins fréquente que les aflatoxins.
L'acide cyclopiazonique est un acide indole tétramique toxique, d'abord isolé à partir de Penicillium cyclopium et ensuite à partir d'autres espèces de Penicillium (par exemple P. commune et P. camembertii), d'Aspergillus f
La gliotoxine est produite par les espèces Aspergillus et Penicillium. C'est un métabolite immunosuppresseur puissant qui provoque l'apoptose des cellules. Du fait de ses effets sur le système immunitaire, elle peut avoir sa place en chirurgie de la transplantation. Il existe des preuves limitées de sa présence dans les céréales moisies.
On trouve les mycotoxines alternaria dans les fruits et les légumes tels que les olives, les poivrons, les pommes, les mandarines, les graines de tournesol, la navette oléagineuse mais également dans le blé, le riz, le seigle et le sorgho. Les espèces Alternaria produisent de l'alternariol, du monoéther méthylique d'alternariol, de l'alténuène, de l'acide ténuazonique, de l'altertoxine I et beaucoup de métabolites. Les mycotoxines alternaria sont cytotoxiques et mutagènes.
Parmi les toxines de Fusarium moins connues figurent les enniatines, la beauvericine, la fusaproliférine et la monoliformine, qui sont souvent présentes sous forme de mélanges et décrites comme des mycotoxines émergentes de Fusarium. Les enniatines sont principalement présentes dans les graines de céréales, le pain, le malt et l'ensilage. Si différentes actions toxiques ont été observées in vitro pour les enniatines et la beauvericine, probablement liées à leurs propriétés ionophores, il n'existe aucun cas de mycotoxicoses liées à ces toxines. La beauvericine est un puissant insecticide. NORMES ET LÉGISLATION :À l'heure actuelle, il n'existe aucune ligne directrice ni réglementation pour ces mycotoxines. RÔLE DU CODA-CERVA :Le CODA-CERVA a mis au point des méthodes d'analyse pour la quantification des enniatines et de la beauvericine et il a réalisé un screening de céréales et de produits céréaliers belges en collaboration avec l'AFSCA (Agence fédérale pour la sécurité de la chaîne alimentaire) et l'APFACA (Association professionnelle des fabricants d'aliments composés pour animaux). ÉQUIPE SCIENTIFIQUE :Alfons Callebaut PROJETS DE RECHERCHE AU CODA-CERVA SUR CE SUJET (récents ou en cours) :- PEPTIDEMYCOTOXINS : Peptide mycotoxins in agricultural products, feed and food
PUBLICATIONS CODA-CERVA :2008 - Tangni E.K., Pussemier L., Bastiaanse H., Depoorter J., Haesaert G., Robbens J. & Van Hove F. 2008. Characterization of fungal species and Mycotoxin contaminating silages in Belgium Project C3/00/22 Belspo. 2007 - Tangni E.K., Pussemier L. 2007. Ergosterol and mycotoxins in grain dusts from fourteen Belgian cereal storages: a preliminary screening survey. Journal of the Science of Food and Agriculture 87 (7): 1263-1270. 2006 - Tangni E.K., Pussemier L. 2006. Ochratoxin A and citrinin loads in stored wheat grains: impact of grain dust and prediction using ergosterol measurements. Food Additives and contaminants 23(2): 181-189.
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lavus et d'Aspergillus versicolor. Etant donné qu'il peut être formé par A. flavus, une espèce qui est un des producteurs majeurs d'