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Influenza aviaire : le virus H5N8

Sarcelle d'hiver Entre le 7 novembre et le 21 décembre 2014, 10 foyers de grippe aviaire HPH5N8 ont été déclarés dans des élevages de volailles de quatre pays européens : trois en Allemagne, 5 aux Pays-Bas, 1 au Royaume-Uni et 1 en Italie. Ce virus circule déjà depuis plusieurs années en Asie du Sud-Est. Une souche ancestrale aurait été signalée pour la première fois en Chine en 2010. Depuis janvier 2014, ce virus a provoqué de nombreux foyers dans des élevages de République populaire de Chine, du Japon et de République de Corée. Il a également été découvert chez des oiseaux sauvages tant en Asie que récemment ici en Europe, parallèlement aux foyers déclarés chez la volaille. Fin novembre et décembre 2014 en Allemagne, deux sarcelles d'hiver tirées en vol dans le cadre de la saison de chasse ainsi que deux écouvillons fécaux de canards siffleurs, prélevés début décembre aux Pays-Bas, se sont avérés positifs pour le HPH5N8. En janvier 2015, l'épidémie ne semble pas stoppée, loin de là. De nouveaux cas de HPH5N8 ont été déclarés par Taiwan, dans au moins une soixantaine d'élevages d'oies, de canards et de poulets. Et, à nouveau en Allemagne, le HPH5N8 a été isolé chez des oiseaux sauvages, de zoo et domestiques, au nord du pays, où le premier foyer de volaille avait été déclaré.

 

Ces images ne peuvent que nous rappeler la crise provoquée par l'apparition en Europe du virus HPH5N1. Rappelez-vous en automne 2005, la Roumanie et la Croatie avaient été les premiers pays européens touchés par le HPH5N1, virus aussi bien isolé chez la volaille que parmi les oiseaux sauvages. Il s'était rapidement propagé à travers l'Europe centrale à partir de février 2006 pour finalement disparaitre en 2010, après avoir sévi dans 21 pays européens. Avant son introduction en Europe, le HPH5N1 comme le HPH5N8 avait largement circulé en Asie dans les élevages permettant probablement des contaminations récurrentes de la faune sauvage et le transport du virus lors des migrations. Par ailleurs, le HPH5N1 continue actuellement à circuler de manière endémique chez la volaille au Bangladesh, en Chine, en Egypte, en Indonésie, au Vietnam et dans une grande partie de l'Inde orientale.

 

Comparable à l'introduction de HPH5N1, l'apparition simultanée de HPH5N8 dans différents pays européens suggère que des oiseaux migrateurs ont contribué à le véhiculer d'Asie vers l'Europe. Les analyses génétiques des HPH5N8 circulant au Japon et introduits en Europe sont également en faveur d'une source commune d'infection. Cependant, dans le cadre du HPH5N1, des transports légaux ou illégaux de volailles ou dérivés, le déplacement de personnes ont aussi été des causes prouvées de diffusion du virus.

 

Le HPH5N8 provient d'un réassortiment de plusieurs souches d'influenza aviaire dont le HP5N1. L'infection HPH5N8 ne semble pas être associée à une maladie grave ou une mortalité excessive chez les canards colverts sauvages ou domestique alors que chez les galliformes tels que dinde et poulet, le HPH5N8 provoque une mortalité de masse comme on a pu l'observer dans les exploitations touchées. A l'inverse du HPH5N1 qui a provoqué 676 cas humains y compris 398 décès, quoiqu'épargnant l'Europe où aucun cas humain n'a jamais été signalé, le HPH5N8 n'a pas été détecté jusqu'à présent chez l'homme.